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Y2Y : reconnecter des habitats avant qu'il ne soit trop tard

Y2Y : reconnecter des habitats avant qu'il ne soit...

La Fondazione Capellino est née d’une conviction simple : les profits générés par l’activité humaine doivent être rendus à la Terre qui les a rendus possibles. C’est ce principe qui l’a conduite à soutenir, entre autres, la Yellowstone to Yukon Conservation Initiative, l’un des projets de connectivité écologique les plus ambitieux au monde. Sur 3 400 kilomètres à travers les Rocheuses, cette initiative vise à reconnecter des habitats fragmentés au bénéfice des grizzlys, des loups, des élans et des caribous. Pour comprendre pourquoi ce travail est si important, on vous emmène l’espace d’un instant, suivre le voyage d’une ourse grizzly.

Chaque jour, elle parcourt des dizaines de kilomètres. En été, elle dépend des baies et des fruits sauvages. En automne, elle a besoin de rivières riches en saumons. En hiver, elle recherche des forêts denses pour mettre bas et élever ses petits. Mais surtout, elle doit rencontrer d’autres grizzlys pour se reproduire et faire partie d’une population suffisamment vaste et génétiquement diversifiée pour garantir un avenir sain à ses petits.

Mais les territoires où vivaient autrefois les grizzlys ont été consommés, dégradés ou fragmentés : aujourd'hui il s'agit une mosaïque de petites « îles » séparées par des routes, des voies ferrées, des terres agricoles et des villes en expansion... La femelle grizzly peut se retrouver isolée là où elle est née, incapable de rejoindre une autre population située à seulement 80 kilomètres, mais séparée par des barrières infranchissables.

3-Apr-29-2026-01-50-13-8583-PM Ce qui lui arrive n’est pas seulement son histoire.
Ce phénomène a un nom : la perte d’habitat. C’est l’une des principales conséquences du modèle de développement humain.

Selon l’IPBES, environ 75 % des terres émergées et près de 50 % des océans ont déjà été profondément altérés par les activités humaines.

La conséquence ? De nombreuses populations animales ont fortement diminué : ours, grenouilles, aigles et abeilles sont encore présents, mais en nombre réduit, plus isolés et donc plus vulnérables.

Un autre concept scientifique permet de comprendre l’urgence de la situation : la « dette d’extinction » (extinction debt). Elle désigne le délai entre la destruction d’un habitat et la disparition des espèces qui en dépendent.Autrement dit, les effets ne sont pas immédiats. Une forêt peut être détruite aujourd’hui, mais les espèces qui y vivaient ne disparaîtront que des décennies plus tard.

D’abord, les animaux perdent l’espace nécessaire pour se déplacer, trouver de la nourriture, de l’eau et des partenaires. Ensuite, les routes migratoires sont interrompues. Les zones humides disparaissent, rendant les voyages impossibles pour de nombreux oiseaux. Puis, progressivement, les populations isolées cessent de se mélanger. Le patrimoine génétique s’appauvrit, réduisant la résistance aux maladies et aux changements environnementaux. Finalement, un hiver rigoureux, une sécheresse ou une épidémie peut entraîner la disparition totale d’une espèce.

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Le projet Y2Y et le rôle de Fondazione Capellino

 

La dette d’extinction nous rappelle que le temps est limité. Mais elle nous donne aussi une information précieuse : tant que les espèces existent encore, il est possible d’agir.

Pour notre femelle grizzly, il existe encore une solution : les corridors écologiques. Il peut s’agir de bandes de végétation restaurées, de passages souterrains ou de ponts verts au-dessus des routes, permettant aux animaux de circuler entre des zones auparavant isolées.
Le long des Rocheuses, du Wyoming jusqu’au Yukon canadien, les grizzlys, les loups, les élans et les caribous recommencent à circuler à travers un paysage reconnecté grâce à la Yellowstone to Yukon Conservation Initiative. Aujourd’hui, la région compte 204 passages pour la faune, alors qu’il n’en existait aucun il y a vingt ans, et les zones protégées ont augmenté de 80 %. La distance entre populations de grizzlys autrefois isolées est passée de 240 à moins de 80 kilomètres. Cette distance continue de diminuer.
 Ces résultats nécessitent des investissements.
Mais le coût le plus élevé serait de ne rien faire.

Sans écosystèmes fonctionnels, plus de 50 % du PIB mondial serait menacé. Chaque forêt détruite, chaque zone humide asséchée, chaque corridor bloqué et chaque espèce disparue représente aussi une perte économique.

Un rapport du World Economic Forum (2020) estime qu’une économie « positive pour la nature », qui restaure et protège les écosystèmes au lieu de les dégrader, pourrait générer plus de 10 000 milliards de dollars d’opportunités et soutenir 395 millions d’emplois d’ici 2030.

Certaines organisations ont déjà choisi cette voie. La Fondazione Capellino et Almo Nature en font partie. Leur modèle repose sur la Reintegration Economy, où les profits ne sont pas distribués aux actionnaires mais entièrement réinvestis dans des projets de protection de la biodiversité et de la biosphère, dont Y2Y est un exemple concret. Cela montre que protéger la nature n’est pas un frein à l’économie, mais une condition essentielle à sa pérennité.

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La femelle grizzly, elle, ignore tout cela. Elle sait simplement que, quelque part dans les Rocheuses, il existe désormais un passage recouvert d’herbe et d’arbres qui lui permet de traverser la route en toute sécurité. Et de l’autre côté, un autre grizzly l’attend.


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C’est ça, la Reintegration Economy.

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