Les Français voient les effets du déclin de la biodiversité dans leur quotidien et souhaitent plus de réglementation et d'informations sur le sujet : c'est ce que révèle une enquête commandée par la Fondazione Capellino auprès d'IPSOS et menée dans neuf pays d'Europe et d'Amérique du Nord, dont la France.
On entend souvent dire que les questions environnementales intéressent peu le grand public, car elles seraient jugées trop complexes ou réservées à une minorité de personnes engagées. Pourtant, les résultats de cette étude racontent une autre histoire.
L'enquête, menée auprès de plus de 1 000 personnes âgées de 18 à 75 ans en France, en Italie, au Royaume-Uni, en Espagne, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique, aux États-Unis et au Canada, montre un intérêt réel pour la biodiversité et sa préservation.
Une préoccupation bien présente
Interrogés sur leur intérêt pour le sujet de la biodiversité, près de trois Français sur quatre lui attribuent une note supérieure à 6 sur 10. Près de 40 % lui donnent même une note supérieure à 8.
Le niveau d'inquiétude est tout aussi élevé : environ 75 % des personnes interrogées se disent préoccupées par le recul de la biodiversité.
Lorsqu'il est question d'observations concrètes, les résultats sont encore plus parlants. Ainsi, 69 % des répondants déclarent avoir remarqué une diminution du nombre d'insectes pollinisateurs.
Parmi les enjeux environnementaux qui préoccupent le plus les Français, le changement climatique arrive en tête, suivi de la production excessive de déchets et de la pollution de l'air.
Le déclin de la biodiversité occupe la quatrième place, un rang plus élevé que dans la plupart des autres pays étudiés.
Les Français en attendent plus
L'étude s'est également intéressée aux solutions envisagées par les citoyens.
Plus de trois quarts des Français (76 %) souhaitent un renforcement des réglementations en faveur de la biodiversité. Ils sont également 68 % à se déclarer favorables à une augmentation des investissements publics pour protéger la nature, estimant majoritairement que les pouvoirs publics doivent jouer un rôle central.
Par ailleurs, plus d'un Français sur deux considère que les médias, notamment la télévision et la radio, devraient accorder davantage de place à ces sujets.
Enfin, une immense majorité (90 %) estime que la biodiversité est un patrimoine qu'il faut préserver pour les générations à venir.
Des tendances partagées dans plusieurs pays
Les réponses des Français s'inscrivent dans une dynamique plus large observée dans l'ensemble des pays interrogés.
Les pays méditerranéens apparaissent globalement comme les plus préoccupés par le recul de la biodiversité, tandis que les pays d'Europe du Nord et d'Amérique du Nord semblent un peu moins sensibles à cette question.
Partout, le changement climatique reste la principale préoccupation environnementale. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas accordent toutefois une place particulièrement importante à la biodiversité.
L'étude montre également qu'une personne sur deux souhaiterait voir davantage de contenus consacrés à la biodiversité dans les médias. Six personnes sur dix constatent une dégradation de l'environnement dans leur région et sont convaincues que l'agriculture et la préservation de la biodiversité peuvent coexister.
Sept personnes sur dix souhaitent également que davantage de fonds publics soient consacrés à la protection de la nature.
Une prise de conscience encore incomplète
Si les préoccupations sont réelles, certains résultats montrent que tous les enjeux liés à la biodiversité ne sont pas encore pleinement intégrés par le grand public.
Seule une personne sur trois considère qu'il est urgent d'agir immédiatement pour enrayer son déclin, et une proportion similaire se montre catégoriquement opposée à l'utilisation des pesticides.
Malgré ces nuances, le message général reste clair : les Français sont préoccupés par l'appauvrissement de la nature et souhaitent davantage d'actions pour préserver la biodiversité.